Le collectif genevo-jurassien Fraction Extrême-Centre a posé les gabarits de son chalet en 2011, avant de le construire l’année suivante. Au premier abord, la petite construction semble parfaitement intégrée dans son paysage. Il en émane une certaine quiétude. Pourtant, en y pénétrant, on y découvre, au sous-sol, un bunker équipé d’un périscope. Objet ludique, ce dernier permet d’épier l’extérieur et, symboliquement, de surveiller le niveau de démocratie de « ce pays idéal, merveilleux, calme et prospère, au statut d’ambassadeur de la paix dans le monde, qui isole ses citoyens des conflits mondiaux » ; le tout bien au chaud et en toute sécurité. Une oeuvre qui interroge et qui a pour but de susciter le débat. «La démocratie a peut-être besoin qu’on l’observe depuis un bunker dans le Jura», explique Adrien Jutard, directeur artistique de la Balade de Séprais.
Dérangeante, l’installation invite en effet à la réflexion dans un pays cachant de nombreux bunkers à travers son relief montagneux. Les curieux, qui se sont réjouis de visiter ce bucolique témoin du passé alpin, ont ainsi le sentiment d’être des victimes de la moquerie d’un collectif d’activistes jurassiens rêvant de faire exploser le Cervin.
Oeuvre vandalisée dans la nuit du 22 au 23 juillet 2026.